J’ai mes gants, j’ai mon Ipod, mes clés, et ma pièce de 50 centimes pour acheter mon petit pain au seigle et à l’abricot avant de prendre le métro. Le trajet en métro est court, et je n’ai pas le temps de voir les personnes qui m’entourent. Je fais face aux portes du métro, et en profite pour vérifier que mes cheveux ne sont pas trop mal coiffés. Je prends mon air blasé de parisienne qui a vraiment l’habitude de prendre le métro et qui trouve que rien ne va assez vite. Et parce que rien ne va assez vite pour moi, lorsque le métro s’arrête, je bondis sur le quai, mon sac bien serré contre moi, et me précipite dans les escaliers.
Je bouscule, je suis bousculée… C’est comme ça tous les matins, et je garde toujours mon air blasé de parisienne qui a vraiment l’habitude de prendre le métro et qui trouve que les gens ne vont pas assez vite. Je continue mon chemin connu par cœur. Le rythme des feux, les bouches d’égout, les vitrines où je peux vérifier mon reflet…
Et je traverse la Seine. Bientôt le bureau. Bientôt je devrais éteindre mon Ipod alors qu’Ozzy vient tout juste de commencer à geindre sur les grosses guitares. Je prépare mon badge pour passer le portique d’entrée. Bienvenue au travail. Je dis bonjour dans l’ascenseur, parce que je suis polie, et on ne sait jamais, il y a peut-être un chef dans l’ascenseur, je dois faire bonne figure. Je suis tellement polie que je dis même bonjour quand il n’y a personne.
J’arrive au 4ème étage, et je ressors mon badge. Bonjour à ceux qui sont déjà au bureau en train de s’activer. Me voilà arrivée. Et c’est parti pour une journée d’ennui. Heureusement j’ai mon petit pain au seigle et à l’abricot pour compenser.